vendredi 24 mars 2017

PIF dans ta FACE !


C'est un honneur que de dessiner une couverture de la revue de mon enfance Pif !
Si on m'avait dit ça il y a 30 ans ! En fait, ce qui m'aurait sans doute le plus étonné, c'est que Pif existât encore en 2017 ! 
I'm very proud to have drawn my very first cover for uncoming magazine Super Pif. If i were told so some 30 years ago, I wouldn't have believe it. But I'm not so sure what would have amazed me the most/// is that Pif still exixts in 2017 ! Welcome to the FUTURE, man !


Bref, mercredi 29 en kiosques, ce numéro 7 annonce un autre retour : le retour d'un gadget absolument MYTHIQUE : les "Pifises" ! Mercredi prochain chez votre marchand de journaux !
Anyway, next wednesday, Super PIF # 7 will be out, featuring one of its most MYTHICAL gadget in it : the so-called "PIFISES" (Artemias Salinas). See you in five days, in every newsdealer's !
 Et puis je reposte l'image qui compose la quatrième de couverture, avec l'idée que la une présente le gadget, met l'accent sur Pif... tandis que la quatrième de couverture montre tout l'univers contenu dans ce magazine vendu... sous blister !


jeudi 23 mars 2017

"Rien de ce qui est Humain" (Fox-Boy inédit dans PIF : Chap. 4)

Mercredi prochain (29 mars), dans tous les bons kiosques à journaux, Super Pif n°7, une nouvelle aventure inédite. Son titre : "Rien de ce qui est Humain".

Next wednesday at every french retailers ! Super Pif # 7 (March 2017), with a brand new Fox-Boy adventure (10 pages) : "Nothing that is Human..."






Certains sujets et thèmes sont moins évidents que d'autres. L'arrivée de migrants, les crispations et les fantasmes qu'ils réveillent par exemple.
Difficile de ne pas être ridicule, maladroit ou moralisateur. On est sur un fil où il faut à la fois dire des choses sans tourner autour du pot, sans quitter la fiction (le genre super héros et ses plaisirs : costume, pouvoirs, ennemis, action...).
J'ai fait de mon mieux, vous jugerez du résultat.

Some themes are more difficult to deal with than others. The arrival of migrants for instance.
Actually, there is an increased sensitivity about identity, a withdrawal into oneself and fear in France.
At a time we have to choose our next president, it seemed to me a character like Fox-Boy couldn't escape the question.
In the meanwile, just as people like Chris Claremont on the X-Men, or Ann Nocenti or Miller on Daredevil, you just can't forget to bring the usual super hero stuff (superpowers, costumes and ACTION !).

Fair with me.

I hope those who'll read this episode "Nothing That's Human..." will appreciate it : I did my best.
 
 Pour la petite histoire, cette histoire fait en réalité 12 pages. Deux pages, un peu plus bavardes (une page d'introspection et une d'échanges "philosophiques") ont été remplacées par une double-page d'action qui siéront mieux au lectorat des 8-12 ans de Pif.

This story in its full version, has two more pages.  We (Super Pif editor-in-chief Fred Gargaud and I) considered they were too  complicated, too adult, for a young audience (8-12 years old).
Those pages will find thair way back in a future trade paperback (Fox-Boy #3).


Elles retrouveront leur place dans un futur tome 3, qui paraîtra ici ou là.
Alors faute de vous en montrer plus (plaisir de la découverte...), un peu de making of :

Crayonné/pencilling :
 





 Encrage/inking :





La suite... mercredi prochain !
To be continued... next wednesday !

dimanche 19 mars 2017

Bernie Wrightson (1948-2017)


Mon idole de toujours, le dessinateur, scénariste et illustrateur Bernie Wrightson, nous a quittés hier, à l'âge de 68 ans.


Il y a pile un an, j'ai longuement hésité à lui dédier mon dernier album, Fox-Boy 2, car la première histoire, "Le Mal Loup" était pour moi un prétexte pour laisser libre-cours à mon inspiration "wrightsonnienne".

Et puis j'ai trouvé ça prétentieux.

Ma rencontre avec ses dessins remonte à 1987, année où, à la bibliothèque municipale, je suis tombé sur "l'Année du Loup-Garou" et le Fléau", deux bouquins de Stephen King illustrés par un certain "Bernie Wrightson".

Le mois suivant, les éditions LUG lâchaient HULK et la CHOSE, album où les deux figures grotesques de Marvel se rencontraient.

Puis le Batman "The Cult", chez Comics USA en 1989.

(On ne rendra d'ailleurs JAMAIS assez hommage au travail de Fershid Bharucha et Jean-Pierre Dionnet pour avoir donné aux œuvres de Bernie, la France en deuxième famille).

Le virus était inoculé jusqu'au fond des tripes.
Instantanément. Définitivement.

Jusque dans les allées d'une décharge (ne me demandez pas comment je me suis retrouvé là - imaginez des vacances dans le Morbihan, pas si éloignée que ça des escapades de Tom Sawyer, ou bien c'est le Fakir Dotki qui aura guidé mes pas, comment savoir ?). C'était au crépuscule. Mon regard fut attiré par une pile de magazines posée là. Il y avait les premiers numéros de l'Écran Fantastiques, un Strange de sous Pompidou (le 70, sans couverture)... et l'Écho des Savanes Spécial USA 25 ! Une pure merveille ! Sous une couverture de Corben, le premier chapitre de "La Foire Aux Monstres", incroyable hommage de Bernie Wrightson au film "Freaks" de Todd Browning (écrit par Bruce Jones).

Ce grand thème Wrightsonien : Les monstres humains, les humains monstrueux.

25 ans après, j'en connais encore les textes par cœur. Autant vous dire que par la suite, mes rédactions de Français prirent une tournure franchement gothique).

Pour sûr : depuis mes 9 ans, je me serais épuisé les yeux à rechercher tout dessin portant le sceau "Wrightson" : Dans les bacs à BD des vide-greniers d'avant internet, guettant au sommaire des numéros de l'Écho des Savanes Spécial USA, la moindre info concernant cet homme. En voiture, aussi, lors des longs et ennuyeux trajets, où je trompais mon ennui à regarder ses images. Même à l'église, où je cachais dans mes manches, une petite pile de trading cards avec les dessins de Bernie commentés par lui à l'arrière (une tradition américaine, surtout répandue autour de la figure des joueurs de base-ball, football ou basket).

Partout où je m'ennuyais adolescent, sur chaque bout de pierre, arbre ou mousse où portait mon regard, l'obsédant Bernie Wrightson m'inspirait des images, me soufflait des scènes, relevait la saveur des musiques que j'écoutais et des romans que je lisais.

Plus encore que les filles (et pourtant...) ses dessins accompagneront mon adolescence et ma vie de jeune adulte.

Depuis mon tout premier bouquin dessiné au lycée (Carnet de Route d'un Chasseur de Lutins - où le nom de "Wrightson se cache au moins 20 fois dans les détails), j'ai saigné des rétines pour chercher à comprendre COMMENT l'encre posée sur du papier par Bernie Wrigthson pouvait porter si bien le fantastique, un si délicieux macabre, le retour à l'enfance et ses rêves de fantômes, de squelettes, de monstres et de dinosaures.

En vain.

Bernie Wrightson était le digne fils de Graham Ingels, dessinateur particulièrement saisissant des ghoules des Tales From the Crypt dans les fameux E.C Comics des années 50. Dix ans après, Bernie publiera son premier dessin dans le courrier des lecteurs du repreneur de cette tradition "Creepy. Il a alors 17 ans.
courrier des lecteurs de Creepy - premier dessin publié.

Né en 1948, à deux jours d'Halloween (ça ne s'invente pas), il était de la génération qui comptait son ami Stephen King, Steven Spielberg, John Landis (Thriller), Joe Dante (Piranhas, Hurlements, Gremlins...) ou George Romero (le réalisateur de "La Nuit des Morts-Vivants", qui réalisera Creepshow, écrit par King, et dont l'adaptation en comics sera dessinée par Wrightson.

Jeune prodige, Bernie Wrightson (qui signait encore "Berni") a débuté professionnellement en 1968, âgé d'à peine 20 ans, dans les revues Creepy, Eerie et Vampirella, les fameux Warren Magazines, qui reprenaient la tradition des comics d'Horreur des années 50 (ceux que le Maccarthysme et quelques pisse-froid déguisés en psychanalystes avaient fait brûler par milliers dans l'Amérique anti communiste des années 50). Dans ces magazines, il trouvera une famille de dessinateurs aussi fous et géniaux : Richard Corben, Jeff Jones, Steve Ditko, Gene Colan, quelques vétérans des EC Comics, et surtout, les couvertures du fantastique Frank Frazetta, son idole de toujours, décédé en 2010.
Le n° 113 de CREEPY, où 14 années plus tôt, Bernie avait publié
le dessin montré plus haut, lui consacrait alors un numéro spécial en 1979.

Le travail de Bernie Wrightson le plus personnel restera probablement son plus fameux aussi : l'adaptation qu'il a faite du roman Frankenstein de Mary Shelley. Pendant 5 ans (de 1976 à 1983), il a mené en parallèle d'autres travaux, ce chantier gigantesque, empreint du grandiose des graveurs Gustave Doré, Franklin Booth et du romantisme macabre de ce chef-d'œuvre de la littérature gothique



Bernie Wrightson était un homme de cœur.

Hier soir encore, j'ai confié à ma femme mon hésitation à lui envoyer mon dernier livre (Fox 2), tout en renonçant aussi vite, et à nouveau, à cette idée. Car en vérité, à bientôt 40 ans, je suis né au minimum 10 ans trop tard pour avoir eu le temps d'abattre le travail acharné qu'il aurait fallu pour progresser, et ainsi seulement ENVISAGER ne pas être trop ridicule, ni trop prétentieux en lui envoyant un de mes bouquins, avec une bafouille maladroite en anglais, qui tenterait de dire en gros :

"Je vous dois TOUT !".

Évidemment, la nouvelle de sa mort ne surprend pas ses admirateurs. Nous savions depuis quelques années que la maladie était là, implacable, et le peu d'informations concrètes données par sa femme Liz présageait du pire, sans jamais céder au désespoir.

D'origine catholique (il était de souche polonaise comme cet autre génie des comics qu'est Bill Sienkiewicz), je pense que la foi accompagnait Bernie : Une récente vidéo le montrait dans son atelier, peuplé de dinosaures et autres figurines des monstres de la Universal. Au mur, un petit crucifix.

Alors moi qui suis athée et mécréant, à lui qui m'aura accompagné tant de fois à ses "offices forcées" à l'église , sous la forme des petites cartes évoquées plus haut, et même en pensées lors d'enterrements, je lui souhaite de retrouver, en route avec Chuck Berry pour l'accompagner, les amis et les frères nombreux avec qui il a tant fait avancer la cause du Rêve.



                      Adieu mon ami inconnu.
 

mercredi 15 mars 2017

Couverture-arrière/Backcover de Pif n°7


Voici ici en avant-première, la 4ème de couverture du prochain Super Pif (dans tout PILE 2 semaines en kiosque). Lundi, Pif dévoilera LA couverture, et LE gadget qui va avec.
Je ne dis rien, je ne dis RIEN !

Back-cover for the next issue of Super Pif (on sale in two weeks).


Merci aux auteurs qui ont accepté de me confier leur(s) personnage(s), Jeff Smith (Bone) Mandryka (Concombre Masqué) et la fille du regretté Jean-Claude Poirier (Supermatou) en tête.

Dessin prêt à être maquetté (ajout de textes, logos, code-barre) par le maquettiste.
 
 Un peu de making of /Wip.

On commence par le crayonné :

Crayonné, sur A4.
À noter la disparition de Rahan (dommage !), qui ne figurera pas au sommaire de ce numéro.

En cours d'encrage (numérique).

Encrage complet.
 La version finale (en couleurs) est visible plus haut.

 
Cette version de nuit (dont j'ai extrait le bandeau qui ouvre cet article) était la première.
Mais la proximité de tons avec la couverture (que j'ai aussi réalisée, et que je montrerai très vite ici), ainsi que le caractère trop sombre pour un numéro de printemps m'ont fait opter pour une version finale plus lumineuse.

Kenavo/Adios !



dimanche 12 mars 2017

Wolverine "All Stars" !


Hier, cela faisait cinq ans que notre Saint-Patron, le Boss, Jean "Mœbius" Giraud nous quittait pour les étoiles
 Jean "Mœbius" Giraud passed away five years ago.

 Je pense parfois à cette phrase de lui, dans le recueil Venise Céleste (Humanos -1984) :
La plupart des gens que je connais qui font de la BD de façon ambitieuse ne se posent pas la question d'une mission. Mais ils ont une éthique en eux et ils savent qu'ils ont quelque chose à transmettre qui serait la lucidité. Pour eux refuser toutes les illusions, dénoncer tous les mythes (je ne parle pas ici des vrais mythes mais des mythes modernes), toutes les croyances, etc., est  une entreprise formidable. Je crois qu'il y a la place pour beaucoup de comportements différents dans le monde de la créativité sans être forcément des désespérés. On n'est pas non plus obligé d'être un éboueur ou un fouilleur de merde. J'aurai pu l'être : il y a un plaisir à fouiller la merde, mais j'ai compris que j'avais quelque chose d'autre à faire. Mon ambition, mon rêve, ce serait d'être un ouvreur de ciel plutôt qu'un fouilleur de merde."

Et puisque je me suis offert la version grand format de Weapon-X par le génial Barry Windsor Smith (lui, Corben et Bill Sienkiewicz sont à mon humble avis les seuls artistes de super héros, dont l'œuvre boxe dans la même catégorie que celle de Mœbius), une image du Wolverine blessé, à qui on vient de greffer de force un squelette d'adamantium et d'horribles griffes du même métal, aurait pu trouver dans sa fuite désespérée, un moment de réconfort et de paix devant le spectacle éternel du ciel imaculé.



I made some tribute to him, illustrating something he had said in 1984, about creating. He said that as a creator, there are basically two ways you can take : The one that goes downward, and the one that elevates both mind and soul. And even if there's some kind of pleasure to "mold the shit", Mœbius concludes by saying he had rather be remembered like someone who was a sky opener rather than a "shit-modeler" !
And because Barry Windsor Smith (along with Richard Corben and Bill Sienkiewicz) is one of the very few artists whose work belong to the same category to me, this sayong by Mœbius came to my mind yesterday, as a scene with wounded Weapon-X, finding a little peace as he is staring at the stars.


 (gros-plans / Close-ups)





Petit making of.

Temps de réalisation : 2 heures (90 minutes hier soir et une demie-heure de retouches/finitions ce matin).

sur carton bleu Turquin, grand format (34x42cm), j'esquisse au crayon fusain bleu.

Jamais de crayonné, j'ai mon image en tête.

D'abord, quelques lignes pour trouver le bon cadrage. Ici, Logan doit être contenu dans l'espace en bas pour laisser la place au ciel étoilé (qui prendra le plus d'espace, pour rendre au ciel son rôle de couverture apaisante).
On gomme si besoin, on recommence, on affine la position.

Ensuite, j'attaque avec des contre-lumières en gris au Posca. Cela correspond à une lumière très faible qui va modeler et faire exister les parties du corps qui ne sont pas les plus éclairées par les étoiles :


Voyez le contraste dès que je pose les premiers traits de bleu clair (Posca), pour les parties claires :



 Puis on attaque au parties les plus claires :




Après la nuit, en une demie-heure je corrige ce que je peux (le fond bleu ne permet pas de tricher en corrigeant, comme avec un fond noir, car les retouches bleues se verraient). De l'encre noire en uise d'encrage léger, des étoiles, et on y est :






Kenavo/À plus .