samedi 14 mars 2026

"The Thing meets Concrete"

La Chose et Concrete

Commission géante (50x65) sur carton rigide - mélanges de techniques.





Inutile de présenter La Chose des Fantastic Four.

Créée en 1986 par Paul Chadwick, Concrete est LA série de super-héros la plus originale, naturaliste, sensible et réaliste, du paysage des années 1990. Parue dans les pages de Dark Horse Presents, alors aux côtés de Sin City et Hellboy.

Concrete annonce son grand retour en 2026, toujours des mains de Paul Chadwick. 

De la réalisation de cette commission, j'ai tiré un making of suivant
.

 (version complète ci-dessous : ) 


Deux êtres de pierre, deux personnalités jumelles, miroir, hyper attachantes.

Concrete est l'aboutissement de ce que le personnage de Ben Grimm aurait pu être, s'il avait été traité par un adulte, et pas des scénaristes pour enfants de 12 ans. Écologie, solitude, mélancolie, engagement... 

Peu, voire pas de bagarres dans cette série si... non-américaine !

 

Concrete, c'est une évolution plausible de Ben Grimm, "réaliste", osons le gros mot "mature" ! au fil des ans : de plus en plus intériorisé, de plus en plus isolé dans ses pensées, seul au milieu de la foule. "This Man, This Monster".
Concrete, c'est la Chose... sans l'univers Marvel autour.
Un personnage débarrassé de la nécessité de devoir séduire à tout prix.

Une merveille.
 

Je suis curieux de voir le traitement que Paul Chadwick va désormais imprimer à la série.


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Mon premier croquis : La Chose, main sur l'épaule, comme pour consoler Concrete du monde finissant dans lequel ils sont impuissants.

 


Après avis du commanditaire, on opte pour une direction... différente, avec plus de relief, comme sur les couvs de Paul Chadwick, où l'élément minéral (dans lequel il inscrit métaphoriquement son perso, comme dans les peintures symbolistes), fait transposer l'état d'esprit du personnage, dans le décor qu'il traverse : condamné, seul, et qui se désagrège.

 Les silhouettes de oiseaux, vautours, comme éléments de mort qui plane :

 

Crayonné en cours :

 

 
ça, c'est pour l'échelle : 


Dessin cleané avant peinture :

 


En cours.
 (on se concentre sur les masses, des teintes, des valeurs, des contrastes...)
 




Quasi terminé. Les vautours sont moins funestes.
Perchés sur les têtes des deux géants, leur symbole est moins funeste.
Comme des sortes de mouettes, où l'oiseau géant que chevauchait Arzak.

Le dessin ira au mur, inutile d'être trop plombant.

Pour l'heure, je le laisse en l'état, on verra demain comment je ressens le truc après une nuit.



 

Le lendemain, une matinée de travail en plus.
C'est la version finale (après 3000 micro-changements).
 


 

3 commentaires:

  1. Ben Grimm est l'un des plus grands héros (et maintenant un attentionné père de famille). Comme beaucoup de gens il est très actif et n'a pas besoin d'être dans l'introspection. C'est tout aussi louable, ça ne le rend pas moins "bon".

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  2. Sans doute.
    Je vous crois, car je ne lis plus de Marvel depuis la fin des années 1980.
    Mais pendant des décennies, il n’en a pas été ainsi. Son corps de pierre était un rempart aux autres. Pas de sexualité, pas de vie anonyme. Pas de normalité.
    L’inverse des 3 autres du groupe

    Sous la plume et le pinceau de : John Byrne, Barry-Windsor Smith, John Bogdanove ou Alan Davis, Ben avait cet humour de façade pour cacher un cœur en miettes. Un être fort et tendre. Rien vu récemment qui pourrait - ne serait-ce que graphiquement - qui m’a fait entrevoir un héritage digne de ce nom. Malheureusement. Des lectures à me conseiller pour changer d’avis ?

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